Messages révolutionnaires, A. Artaud. [p. 27, Edition Gallimard, 1971]
Les tam-tams résonnent au loin comme un doux bruit qui se fait de plus en plus discret.
Qui s'éteint peu à peu...
Les tam-tams en résonnant ne savent point raisonner ; Ces mains qui s'écrasent machinalement sur ces instruments, n'obéissent à aucune règle, aucune loi, elles s'écrasent, frappent, giflent, souffrent, pleurent ici... ne raisonnent jamais. S'écrasent, frappent, giflent, souffrent, pleurent ici. Ne raisonnent jamais. Sentent la pression de l'instrument dans toute sa totalité. Le tam-tam sent la pression de la paume de la main dans toute sa totalité.
Sentir la vie dans sa totalité.
Un jour, il faudrait certainement arrêter de penser.
Arrêter de raisonner et se cogner à la vie. Foncer dans le mur.
Un jour, juste un jour.
Sentir la vie dans sa totalité.
La-vie-dans-sa-to-ta-li-té.
Puis fondre en une flaque d'eau.
Inutile.
L'art pour l'art ?
Flaque d'eau pour flaque d'eau.


0 commentaires:
Enregistrer un commentaire