
Cette photo m'est apparue comme une évidence.
*.,
Marcher seule et écouter cette chanson. L’écouter en boucle. L’écouter tellement à lui faire perdre son sens. L’écouter, l’écouter.
J'ai marché, ce soir.
Dans le brouillard. Dehors et à l'intérieur.
Le brouillard, c'est beau parfois. C'est beau comme... ceux qui ont été beaux pendant leur vie. Comme ceux qui n'ont jamais perdu leur vie de manière inutile.
J'ai marché, j'ai pensé.
Marcher seule. Dans le brouillard, sous les lampadaires.
J'ai vu des hommes austères.
J'ai vu quelques femmes. Mais comme il n'est pas convenant de marcher le soir, seule, quand on est femme. J'en ai vu des chez elles. Elles marchaient.
J'ai marché ce soir.
"Like a swan".
J'ai eu le temps de penser à tout. A tant de chose. A ceux qui perdent leur vie. A ceux qui la gagnent, mais pareil, eux aussi, ils perdent leur vie.
J'ai pensé à Normale sup', je me suis dit : encore un moyen pour perdre sa vie. Et j'ai pas pensé à Simon... Garfunkel envolé. Disparu, je ne sais où.
"I am a rock."
[...]J'ai marché, et j'ai pensé. A ceux qui marchaient seuls, à ceux qui ne rentrent nulle part le soir. Y a pas de "après le travail" pour eux. Ils sont démunis de tout.
DE TOUT.
DE TOUT.
DE TOUT.
DE TOUT.
Moi je ne le suis pas. Pas encore.
J'ai encore mes yeux.
J'ai encore cet objectif qui regarde à travers moi, et je regarde à travers lui. C'est sûrement mon seul vrai amant.
Le vois-tu ? Mon amant est une machine.
[...]

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